Friday, January 27, 2017

A quand un nouveau parking dans mon secteur ?

Quand on parle stationnement, le premier réflexe est généralement : « il en faut plus » et « à quand un nouveau parking pour telle ou telle rue ?». Plutôt que de répondre par « ici » ou « là » - ce qui ne m’est pas possible évidemment - je voudrais faire une proposition. Au risque de faire râler certains…

BEAUCOUP SOUHAITENT une ville plus durable avec une plus grande qualité de vie et moins de voitures. Notre santé et celle de nos enfants nous l’imposent de toute urgence. Nos pouvoirs publics aussi, d’où leur Plan de Déplacements Urbains d’Ile-de-France (PDUIF) qui préconise moins de parkings par logement privé que le projet de PLU propose (1,8 contre 2, voire 3) : http://www.pduif.fr/IMG/pdf/04_plu_stationnement_meljuil2016.pdf.

CEPENDANT LA TENDANCE REELLE est exactement à l’opposé: 1.500 logements au moins seront construits dans notre ville dans les 13 ans à venir, avec leur énorme cortège de voitures supplémentaires en conséquence. Et vous vous plaigniez déjà d’être systématiquement coincés dans les embouteillages rue Boucicaut ? Aïe…

Le trottoir rue des Pierrelais en face du cimetière est souvent impraticable. Imaginez-vous en fauteuil roulant et d'être totalement bloqué ainsi...

CONCLUSION : il va falloir que nous changions nos habitudes plutôt que de chercher toujours plus de parkings pour plus de voitures. Mais comment ?

PLUTOT QUE DE DEMANDER « où sera mon nouveau parking ? » je propose de demander « où est ma station de métro à FAR, mon RER qui est plus propre et qui fonctionne mieux, mon vélo électrique public, mon bus qui me relie mieux au RER et au centre-ville, etc.? ». C’est possible, car on peut louer une voiture quand on en a besoin, on peut se faire livrer quand on achète, on peut prendre un Autolib, on peut marcher quelques centaines de mètres avec des enfants pour aller à l’école car c’est très bon pour la santé. Ce sera peut-être même leur moment préféré de la journée.

Si vous avez un Maire ou un employeur courageux vous pourriez même demander : « où est ma place de stationnement dédiée au covoiturage et le système de mise en relation entre employés pour que cela marche ? » Ou demandez : « où sera mon Autolib d’immeuble, c’est-à-dire mon véhicule dont ma copropriété est propriétaire et que je peux réserver pour moi quand je veux ? ». Qui donnera l’exemple ? Qui inspirera les autres ?

Je ne propose pas de changer tout tout de suite. Je ne suis pas un fou ni un extrémiste. Mais je me permets quand même de proposer un tout petit changement : l’abandon du « réflexe voiture ». Nous pouvons diminuer nos déplacements en voiture en ville en nous organisant autrement pour certains déplacements. En essayant d’abandonner notre 2ème voire 3ème voiture par exemple.

JE PROPOSE UNE OUVERTURE vers l’avenir plutôt qu’une dépendance totale du véhicule privé pour tous qui n’en a pas et qui est en train de dévorer notre santé et d’étouffer notre bien-être à FAR comme à Paris. Si si we can !

Sunday, January 8, 2017

Où en est le groupe de travail sur la place du Général de Gaulle ?

La place du Général de Gaulle à Fontenay-aux-Roses va changer. Pour accompagner la Mairie dans ce projet, plusieurs Fontenaisiens ont constitué un groupe de travail (voir ce lien). Où en sommes-nous avec ce groupe ?

Quelle est la mission du groupe et qui peut participer ?
La mission du groupe de travail consiste à aider la Mairie à formuler un bon projet d'aménagement pour la future place du Général de Gaulle. Son mandat ne vise pas les immeubles à construire mais la surface de la place : le parvis de la Mairie, la place boisée au milieu et la place dite ‘minérale’ face au Château Laboissière. Néanmoins, dans la pratique, il paraît difficile de totalement séparer l’aménagement de la surface de celui des constructions verticales qui viendront l’entourer. Concernant la composition du groupe: il est ouvert à tous les Fontenaisiens, il suffit de me contacter par mail (steinvanoosteren@hotmail.com).

Qu'est-ce que ce groupe a déjà accompli ?
Nous nous sommes réunis 3 fois en 2016, et nous avons fait beaucoup de choses qui ont toutes leur importance : faire connaissance, confirmer notre engagement d’être une force de proposition commune et non divisée, dresser une liste d’éléments de réflexion et les élaborer, réunir des photos pour pouvoir formuler des propositions concrètes, ébaucher des propositions et les ‘tester’ au sein du groupe, se renseigner auprès d’autres communes pour prendre conseil, etc.

Quel est son accomplissement le plus récent ?
Nous venons de nous exprimer sur le projet du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Mairie. Cette démarche était urgente et importante car ce projet modifie les règles de construction à Fontenay-aux-Roses, ce qui aura un impact sur l’avenir de la place. Nous nous sommes exprimés auprès du Commissaire-Enquêteur, que la Mairie a mandaté pour demander aux Fontenaisiens ce qu’ils pensent de ce projet de PLU.

Quel avis le groupe a-t-il exprimé sur le PLU?
Notre souci principal était la possibilité - que créerait ce PLU – de construire un immeuble sur la place minérale même, donc face au Château Laboissière. Nous pouvons suivre la Mairie dans l’idée de construire autour de la place pour la fermer, mais beaucoup moins dans l’idée de construire directement sur la place et donc devant le Château.

Nous avons donc présenté au Commissaire-Enquêteur les raisons pour lesquelles nous ne préconisons pas la possibilité de construire sur la place même. J’en mentionne 3 : un bâtiment sur la place (i) modifierait le caractère historique de la place ; (ii) il créerait un espace morcelé alors qu’on souhaite créer un cœur de ville pour se réunir ; et (iii) il renforcerait l’enclavement du marché par rapport à la place. Mais il y a d’autres raisons encore.

Quelle sera l’étape suivante pour le groupe ?
Nous attendons maintenant deux choses:
1/ La réponse du Commissaire-Enquêteur sur nos observations quant au projet de PLU et la suite que la Mairie donnera à cette réponse; et
2/ La Mairie a mandaté une entreprise spécialisée pour élaborer des propositions pour l’aménagement de la surface de la place. Notre groupe aura l’occasion de travailler avec la Mairie sur ces propositions.

Que vont devenir les arbres sur la place ?
Aujourd’hui la place est un Espace Boisé Classé (EBC). On ne peut donc pas couper d’arbre, sauf pour des raisons de sécurité par exemple. Le projet de PLU par contre propose de "déclasser" la place, comme vous pouvez le constater dans cette image tirée du plan des EBC proposé (lequel fait partie du PLU) :



Dans cette image, la place du Général de Gaulle est effectivement vierge : les petits cercles verts qui en faisaient un "EBC à protéger" ont disparu (voir le plan complet des EBC via ce lien). En échange, le projet de PLU propose un réaménagement de la place qui est consultable via ce lien, dans lequel la place apparaît comme suit :




Dans la légende de cette image il est bien précisé que "le cœur végétal" de la place, à savoir "la place des Marronniers", sera préservé. La grande question est : combien d’anciens arbres resteront et quelle sera la configuration finale ? 

En ce qui concerne le groupe de travail, nous nous sommes mis d’accord - pas sans mal! - pour diminuer le nombre d'arbres en supprimant un arbre sur deux en "quinconce". En clair: garder des arbres sur toute la place, mais avec un peu plus d'espace entre les troncs. Une telle configuration moins dense laissera pus de place pour de la convivialité et permettra aux arbres de se développer et de s’épanouir davantage. 

Nous avons proposé ce compromis à la Mairie avec une condition très importante, à savoir que les arbres anciens restants soient préservés le plus longtemps possible et remplacés progressivement. Car si les arbres restants étaient remplacés d’un seul coup, la ville se retrouverait pendant quelques années avec un "vide sidéral" (seulement des "jeunes tiges") qui serait trop brutal. 

Quelles garanties la Mairie a-t-elle données au groupe ?
Dans la première réunion avec la Mairie, celle-ci a précisé qu’elle n’avait que deux certitudes concernant l’aménagement de la place : 
1/ le parvis de la Mairie doit être intégré dans l’ensemble de la place; et
2/ la place des marronniers doit rester une place boisée. 
Les pessimistes diront "La Mairie ne vous écoutera pas, elle fera ce qu’elle voudra". Les optimistes diront "La Mairie s’est engagée à préserver le caractère boisé de la place et à nous écouter, ensuite il faut avoir un minimum de confiance pour qu’une coopération constructive puisse s’installer". Nous nous situons pour l’instant dans cette dernière catégorie.

Y a-t-il des expériences précédentes ?
J’ai déjà participé à un groupe de travail sur la place du Général de Gaulle en 2011, sous la municipalité précédente. Malgré l’investissement personnel conséquent de quelques Fontenaisiens dans ce groupe, cette expérience s'est soldée malheureusement par un échec. A mon avis personnel la cause de cet échec n’était pas à la Mairie - qui n’avait fait que convoquer les réunions - mais nous-mêmes, les citoyens, car nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord sur une proposition concrète! J’ai tiré une leçon importante de cette mauvaise expérience : notre force est à la fois notre faiblesse, à savoir notre capacité à nous mettre d’accord. Il faut donc absolument que nous nous mettions d’accord sur une proposition concrète, sans quoi la Mairie ne pourra que poursuivre sans nous. Et se mettre d'accord est infiniment plus difficile que d’attendre ce que fera la Mairie sur la place et dire ensuite tout ce qui ne va pas…

Que le groupe fera-t-il en attendant les propositions pour la place ?
D’abord nous nous réunirons bientôt pour nous souhaiter la bonne année. Si le Commissaire-Enquêteur nous a répondu, on pourra évaluer sa réponse et déterminer une marche à suivre. Nous pouvons aussi évaluer l’aménagement de la place de l’Eglise qui vient d’être inaugurée le 7 janvier. Il y aura sûrement des leçons précieuses à en tirer pour le futur aménagement de la place du Général de Gaulle.

Réagissez via: https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=10210835719632120&id=1325266670



Monday, January 2, 2017

9 mesures pour rééquilibrer la place de la voiture en centre-ville

L’objectif de ce texte est de stimuler le débat sur l’avenir du centre-ville de Fontenay-aux-Roses par une analyse et des propositions concrètes. Je remercie par avance les lecteurs de leurs commentaires et participation à ce travail !

Pas de parking, pas de business ?

« Pas de parking, pas de business » dit-on souvent. Mais est-ce vrai que dans un centre-ville piéton les commerces meurent automatiquement ? Une étude du Groupement des Autorités Responsables de Transport (voir ce lien) prouve le contraire. J’ai tiré quelques enseignements de cette étude et vous les présente ici à la « sauce fontenaisienne ». Elles pourraient être utiles pour notre ville, qui s’apprête à changer son plan de circulation en centre-ville justement.

L’étude montre que les consommateurs des commerces de centre-ville viennent majoritairement faire leurs achats à pied ou à vélo. Et si l’on ajoute les usagers des transports publics, la proportion de consommateurs qui ne viennent pas en voiture atteint même 80%. Au total, les automobilistes-consommateurs ne représentent donc qu’une petite minorité, une réalité qui est d’ailleurs systématiquement sous-estimée par les commerçants interrogés.

De plus, les clients qui recourent à la marche, au vélo ou aux transports en commun, sont des clients plus réguliers. S’ils consomment et achètent moins par visite, ils reviennent plus souvent et dépensent plus au total. Plus précisément : un automobiliste dépense 27% de moins qu’un piéton, 12% de moins qu’un cycliste et 3% de moins qu’un usager des transports en commun.

L’étude ajoute qu’il serait donc « absurde de vouloir revenir à un âge d’or où les aménagements urbains seraient de nouveau entièrement dévoués à la reine automobile. Un centre-ville ne peut rivaliser avec des centres commerciaux excentrés, pourvus d’immenses parkings gratuits permettant des achats groupés, rapides, souvent meilleurs marchés que dans les petites enseignes. »

Des voitures oui, mais pas partout

En revanche, un centre-ville peut offrir un autre atout que n’ont pas les centres commerciaux : une qualité de vie. Pour créer cette qualité de vie, il faut faire des choix. Par exemple : préserver le centre-ville d’une « excessive pénétration automobile ». Ce choix permet de créer un espace où l’on a envie d’être du fait de sa qualité architecturale, son patrimoine préservé ou son offre commerciale plus complète. Et quand on est bien dans un endroit, on est tenté d’y rester et de consommer. Ce sont notamment les commerces de bouche et de services (restaurants, hôtels, cafés…) que la piétonisation fait prospérer.

Il y a une autre raison pour diminuer l’utilisation de l’automobile : la nouvelle politique en matière de logement du gouvernement. Cette politique consiste à densifier tout en diminuant le nombre de places de parking obligatoires pour les nouvelles constructions à proximité des gares. Et comme le centre-ville de Fontenay est considéré à proximité des gares, on va forcément arriver à une saturation des places de stationnement. Il faudra donc trouver d’autres solutions de mobilité qui soit ne passent pas par la voiture particulière (marche, vélo, bus), soit qui utilisent la voiture moins (autopartage ou covoiturage).

Quelle est alors la place de la voiture dans notre centre-ville ?

Attention : l’étude ne recommande pas d’évincer la voiture mais plutôt de lui donner une place équilibrée dans la ville. Car la voiture a évidemment sa pertinence en tant que mode de transport ! Cependant il faudra arriver à l’intégrer dans un projet bien réfléchi qui dégage des espaces de bien-être plutôt que de les écraser en mettant piétons, vélos, bus et voitures systématiquement partout ensemble. En somme, il faut passer d’une logique de guerre piéton-cycliste-voiture à une logique de complémentarités de modes de transport

9 mesures

L’étude propose de nombreuses mesures concrètes permettant de réaliser cette complémentarité, dont j'ai sélectionné 9 pour Fontenay-aux-Roses :

1/ Créer des parkings autour du centre-ville et les intégrer dans un mini-périphérique autour du centre-ville comme dans ce dessin :

Le mini-périf' autour du centre-ville en noir. La rue Boucicaut, en rouge, ne serait accessible que pour des livraisons et pour du trafic de destination.
Ce mini-périf’ avec parkings associés permettrait de rendre la rue Boucicaut piétonne. Actuellement la rue Boucicaut est « abusée » par un flux intense de voitures qui ne font que traverser le centre sans s’arrêter pour faire du shopping ! Ce flux automobile use les routes, ce qui coûte de l’argent, et surtout dégrade la qualité de l’accueil (pollution toxique et sonore, insécurité…). Pourquoi choisir ce déséquilibre alors qu’on peut choisir de dévier ce flux autour du centre-ville pour créer un lieu de détente plus propice à l’achat-loisir ? 

Si la rue Boucicaut devient piétonne, où se stationnera-t-on ? Les trois parkings suivants suffiront : le parking sous le marché, celui sous le Carrefour Market (encore faut-il le rendre accessible depuis la rue Jean Jaurès) et le futur parking sous la partie minérale de la place du Général de Gaulle face au château.

Mais cette solution n’oblige-t-elle pas les automobilistes à marcher trop loin pour faire leurs courses ? Non: l’automobiliste qui s’y gare n’aura pas plus de mètres à parcourir à pied pour faire ses courses que celui qui se gare quelque part en surface !

2/ Stimuler le covoiturage.

Inciter les grandes entreprises et la Municipalité elle-même à aider leurs employés à partager leur véhicule pour le trajet maison-travail (emplacements de parking dédiés, mise en réseau des employés).

3/ Stimuler l’autopartage.

Autolib’ existe déjà, mais la Municipalité pourra aussi inciter les promoteurs à construire des copropriétés qui ont leur propre « autolib’ d’immeuble ». Moi-même je serais plus tenté d'utiliser un véhicule partagé dans mon immeuble que de prendre un abonnement Autolib’.

Le covoiturage et l’autopartage diminueront le flux automobile en passant de la voiture-possession (qui encombre les rues et les parkings) à la voiture-service (que n’on utilise que quand on a besoin). L’étude montre qu’une voiture partagée remplace 9 (!) voitures particulières. En plus, ces voitures partagées sont utilisées 3 fois moins que les voitures particulières. Bien sûr tous les habitants n’abandonneront pas tout de suite leur voiture particulière. Mais les foyers seront plus tentés d’abandonner leur 2ème voire leur 3ème voiture, ce qui sera une contribution de plus à la transition vers un centre-ville plus agréable et dynamique.

4/ Créer de véritables zones de rencontre.

Aujourd’hui la place du Général de Gaulle est déjà une zone de rencontre :

Un panneau carré indique le début de la zone de renontre qu'est la place du Général de Gaulle.
Cela signifie que les voitures ne peuvent pas dépasser les 20 km/heure, et que les piétons ont la priorité absolue et sont autorisés à circuler sur la chaussée. Cependant l’aménagement actuel de la place ne crée pas cette rencontre paisible de voitures et de piétons : chacun est constamment « repoussé » dans son couloir de circulation. Voici à quoi ressemblerait une véritable zone de rencontre dans laquelle un automobiliste fera beaucoup plus attention qu’aujourd’hui sur la place du Général de Gaulle :

Dans cette zone de rencontre l'automobiliste comprendra immédiatement qu'il doit effectivement partager son espace avec les piétons et les cyclistes.
Cette homogénéisation de la place est déjà prévue, entre autres par l'intégration du parvis de la Mairie dans la place du Général de Gaulle.

5/ Installer des Vélibs électriques. 

Cette installation est déjà prévue par la Municipalité.

6/ Favoriser la circulation à vélo n’a pas de sens si on n’offre pas au vélo un couloir dédié sur la chaussée. 

Les piétons et les voitures ont toujours leurs propres couloirs, mais les cyclistes sont « livrés » - souvent de façon dangereuse - aux automobilistes. Les Fontenaisiens ne prendront donc pas le vélo s’il n’y a pas de pistes cyclables. Bonne nouvelle : un groupe de travail du Comité de Liaison des Comités d’Habitants est en train d’être créé sur ce sujet (contactez-moi si vous êtes intéressé : steinvanoosteren@hotmail.com).

7/ Ne pas oublier qu’un vélo se stationne aussi. 

Prévoir donc des arceaux en centre-ville et des abris-vélos sécurisés autours des gares. 

Garer son vélo en prenant le RER pour aller travailler à Paris peut être encouragé davantage par l'installation d'un parking à vélos, qui manque aujourd'hui.
Des parkings à vélo sécurisés permettent de laisser son vélo à la gare en toute tranquillité et ils prennent beaucoup moins de place que des parkings pour voiture.

8/ Favoriser aussi la circulation à pied.
  • Donner plus de place aux piétons pour qu’ils puissent marcher côte à côte et sans être constamment sur leurs gardes ;
  • Installer quelques bancs (sans dossier) le long de la rue Boucicaut pour qu’on puisse faire une petite pause, ajuster son sac, etc.;
  • Rendre la ville plus lisible en termes de déplacements piétons. Explication : pour le piéton il est plus facile de raisonner en termes de durée que de distance de déplacement. Pour cette raison, à la gare RER il y a déjà des panneaux qui indiquent le temps qu’il faut pour rejoindre entre autres le centre-ville et la médiathèque à pied :



  • Il serait intéressant aussi de créer une carte « marcheminute » avec l’ensemble des itinéraires piétons entre les points majeurs de la ville. Cette initiative est ludique et incite à la marche.

9/ Une bonne communication.
  • Eviter un discours culpabilisant vis-à-vis de l’automobiliste. Insistez plutôt sur les avantages économiques et environnementaux de l’abandon de la 2ème voire la 3ème voiture du foyer. Cet abandon signifie pour les familles un gain de pouvoir d’achat et une hausse de qualité de vie (moins de pollution, de congestion, d’accidents, de bruit, etc.). Si dans une ville de 20.000 habitants comme Fontenay-aux-Roses la moitié des foyers se sépare d’un véhicule, cela représenterait un gain d’environ 20 millions d’euros.
  • Amener les Fontenaisiens par l’information et l’éducation à essayer d’autres pratiques de mobilité en les sensibilisant via FontenayMAG, des tracts et des workshops lors de manifestations. Sensibiliser surtout les enfants à l’école: il est beaucoup plus facile de faire naître un cycliste que de transformer un automobiliste en cycliste.
  • Faire participer les Fontenaisiens à l’organisation de cette transition. Organiser par exemple une concertation sur les moyens d’organiser la circulation en centre-ville pour le rendre plus attractif. Des mesures conçues ensemble avec les Comités d'Habitants seront plus facilement acceptées que celles qui seront appliquées unilatéralement par la Municipalité sans aucune forme de concertation. Un bon exemple est le groupe de travail sur la circulation à vélo mentionné ci-haut.

Conclusion

La transition vers un centre-ville plus dynamique, plus piéton et plus agréable ne sera évidemment pas créée du jour au lendemain. Mais beaucoup d’efforts dans ce sens sont en bonne voie :
  • La Municipalité vient de créer une nouvelle Place de l’Eglise que je trouve beaucoup plus accueillante et lisible que celle d’avant ;
  • L’aménagement d’une nouvelle place du Général de Gaulle avec une place toujours arborée mais différemment (voir ce lien pour notre travail sur ce sujet) ;
  • Piétonisation du centre-ville (un essai de piétonisation partielle de la place du Général de Gaulle est en cours de concertation avec les riverains) ;
  • Une future coulée verte, dotée d’installations de jeux, qui connectera la place du Général de Gaulle au théâtre ;
  • Un centre-ville piéton ne peut pas fonctionner sans une offre commerciale variée que la Municipalité est en train de faire venir dans le centre-ville. On a aujourd’hui 6 banques et 5 coiffeurs sur 450 mètres (!) dans la rue Boucicaut alors qu’il manque une crèmerie, une poissonnerie, une librairie, un magasin de jouets, une terrasse (au niveau du Mail par exemple) etc.

Mais la Municipalité ne pourra pas nous offrir ce centre-ville dynamique et piéton si nous, les Fontenaisiens, ne prenons pas notre propre responsabilité qui est énorme : faisons nos courses un peu plus souvent à Fontenay ! A force d’aller à la rue Houdan à Sceaux ou ailleurs, il ne faut pas s’étonner que nos commerces périclitent !

Je vous invite donc très vivement à acheter votre lecture au nouveau kiosque, votre vin chez Nicolas, déjeunez au Café du Marché ou au Comptoir des Pipelettes à côté du Carrefour Market pour la faire décoller, dînez chez l’Arganier ou Innovizza qui proposent une cuisine savoureuse et de qualité, et ainsi de suite.

Le secret d’un centre-ville n’est pas seulement une Municipalité volontaire mais aussi une application massive du slogan suivant par les Fontenaisiens :

Dépensez, Déjeunez, Dînez et Déplacez-vous un peu plus souvent local et à pied !

Je ne pratique pas les résolutions de fin d’année, mais pour ce slogan je ferai une exception pour 2017 et au-delà. Si vous le faites aussi, ensemble on arrivera à faire venir le printemps à Fontenay-aux-Roses bientôt !

@Oosterenvan


Lisez aussi :




Sunday, December 4, 2016

Bas Eickhout: What climate negotiations are worth

The real cause of climate change is not too many CO2 emissions, but too little political will. But the Paris Agreement is a political document that will help change that. That is the message of “Climate Mores” by Bas Eickhout, a Dutch Member of the European Parliament.

To illustrate the lack of political will, Eickhout recalls an awkward statement of the Dutch Prime Minister Marc Rutte: “Vision is as the elephant that obstructs the view. If vision is a blueprint for the future, then everything liberal in me opposes this”. Rutte meant to say that we can only make change if we keep our minds open, by letting go of old certainties and building on new ones. Like the certainty that change will also have to come from society itself. Eickhout qualifies this statement ironically as an easy “thumbs up from the sidelines” of the climate negotiations. Leaving it up to private partners without showing private partners the way.

Often private partners themselves also lack an open mind and a vision on what the way to less CO2 emissions should look like. Because they apply a rule that prevents them from being creative and effective: only mind your own business. Example: a chemical company like BASF should not interfere with CO2 emission norms in the car industry. But stricter CO2 emission norms for cars would require the car industry to make their cars lighter. And guess where the car industry will find the lighter materials? Right, in chemical companies like BASF. So it would very much make sense for BASF to look into this sustainable development model. Especially if governments had a long-term vision that would support and nudge the car industry in that direction at the same time. Win-win.



But least 4 reasons prevent the Dutch government from developing such long-term vision for climate change Eickhout writes. Firstly the Netherlands is less motivated to change because it literally sits on a natural gas bubble. Secondly we are cheap: we prefer ideological debates when they are not costly, like promoting LGBT rights. Thirdly we became dependent on the benefits of a heavy fossil industry which benefits itself from an excellent port infrastructure in Rotterdam for cheap steel, oil and coal transportation. And fourthly in the Netherlands climate change is doubted more than elsewhere because the climate skepticism in the US media are echoed in the Dutch media.

Nevertheless Eickhout’s book is very positive, thanks to the diplomatic breakthrough in Paris last year. Many compliments for France which accomplished what Copenhagen failed to do: bring the world’s biggest polluters China and the US on board of a binding climate agreement. Yes it binds governments to only voluntary emission reductions. But also to a clear 2°C target and to the obligation to update the world every 5 years on what they concretely do to reduce climate change. Fossil giants can no longer hide behind the argument that other fossil giants should make an effort too, because the agreement is global.

I personally tend to insist a lot on changing our own mores and behavior to fight climate change. But after reading Climate Mores I understood better that change can only come from society if governments guide and back up the green energy transition with a long-term vision and long-term measures. Because changing mores is too difficult as long as the main question of the market remains unethical: if the money is quick and easy and not if it’s clean.

Le PLU de Fontenay-aux-Roses : voici ce que je crains

La grande question du moment à Fontenay-aux-Roses est la suivante : le projet du Plan Local d'Urbanisme (PLU) livre-t-il notre ville en pâturage aux promoteurs densificateurs ou pas ?

Dans l’extrait vidéo suivant, M. le Maire nous rassure : il dit que le PLU est un dispositif « extrêmement protecteur » qui, au contraire, permet de préserver le charme de notre ville:


Dans ce blog je veux exprimer les raisons pour lesquelles une partie des Fontenaisiens – dont je fais partie – ne croit pas que le PLU offre cette protection suffisante.

Pourquoi le PLU est un changement plus radical qu’on ne le pense

Je veux bien croire M. le Maire lorsqu’il dit que les zones du nouveau PLU sont « à peu près les mêmes » que l’ancien (appelé le POS). Mais le problème n'est pas là. Car ce qui change, ce sont les règles qui définissent les règles à l’intérieur de ces zones. Ces nouvelles règles, si elles sont adoptées, permettront désormais aux promoteurs de construire doublement plus  :

plus large car le PLU change entre autres la règle qui définit la proportion entre espaces verts et espaces construits, comme je l’explique dans cette vidéo :


plus haut car le PLU autorise des hauteurs plus importantes qu’avant, comme M. Alain Delahaye l’explique de façon on ne peut plus claire et visuelle dans cette présentation :


Ce « doublement plus » double notre crainte, à savoir celle de voir notre ville transformée en un Plessis-Robinson bis et de perdre ce caractère historique, diverse et à taille humaine de notre ville.

Que M. le Maire répond-il à nos craintes?

Dans les débats publics, M. le Maire y a répondu ceci : ne vous inquiétez pas, nous sommes attachés comme vous au charme de notre ville et au caractère village de notre centre-ville. Donc si le projet d’un promoteur défigurerait une rue ou un quartier, nous ne le validerons pas tout simplement.

J’apprécie cette protection orale, mais selon mes informations elle n’est pas légale et donc ne peut être exercée. Je m’explique : selon mes informations – et ce blog a pour but de les vérifier car ensemble nous savons plus que tout seul – M. le Maire ne peut interdire un projet que s’il n’est pas conforme aux règles du PLU. Et il se trouve que ces règles permettent tout à fait de construire plus en largeur et en hauteur !

Je ne peux donc qu’être inquiet. Surtout que les exemples hypothétiques montrés dans la présentation de M. Alain Delahaye sont déjà en train de devenir réalité chez nos voisins.

Ce que je crains: quelques exemples concrets

Regardez par exemple ce que j’ai vu ce dimanche matin en courant sur la coulée verte à Sceaux : un immeuble de 5 niveaux rasant la coulée verte ! Bien sûr l’immeuble sera plus joli une fois habillé. Mais pour moi ce volume privatif dégrade fortement la source de bien-être public que nous avons construite en aménageant la Coulée Verte :




Et prenons l’exemple de la place du Général de Gaulle : si nous acceptons le PLU tel quel, ce joli enchaînement de petites maisons caractéristiques et diverses sera amené, à terme, à disparaître au profit d’un « front bâti » de 15 mètres de hauteur (la ligne orange dans la photo) :




M. le Maire a répondu aux observations de ce type en disant que « ce ne sont que des possibilités théoriques que nous créons, cela ne veut pas dire que nous allons effectivement construire de grands immeubles partout ».

Cette répose ne fait qu'agrandir mon inquiétude car elle semble confirmer ce qui nous attend. Je ne peux que répéter mon inquiétude: même si ces immeubles théoriques ne seront pas construits demain, cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut créer la possibilité de le faire aujourd’hui. Car pourquoi créer une possibilité aujourd’hui pour quelque chose que l’on ne souhaite pas pour demain ? Surtout si demain on pourra toujours remodifier le PLU par endroits si tout le monde est d'accord.

Qu'est-ce qu'il faut alors pour demain à Fontenay-aux-Roses ?

Je comprends bien aussi qu’il faut développer et moderniser la ville et j’apprécie sincèrement la volonté de la Mairie dans ce sens. Je le vois d’ailleurs sur la place de l’Eglise, avec plaisir en ce qui me concerne.

Mais je pense aussi qu’il faut préciser mieux et ensemble les limites de ce développement dans le cadre d’un travail approfondi avec les Comités d’Habitants.

Pour anticiper ma contribution de membre du Comité des Habitants Parc Centre-Ville à ce débat, voici quelques observations :
  • autant je trouve l’immeuble où se trouve le magasin La Vie Claire dans la rue Boucicaut réussi et harmonieux ;
  • autant je peux aussi accepter, dans le cadre du développement de la ville, un immeuble de 4 niveaux qui fermerait la Place du Général de Gaulle ;
  • autant je pense cependant qu’il faut préserver l’ensemble de petites maisons caractéristiques et diverses qui font le charme de cette place, même pour 2086 (quand je mangerai les pissenlits par la racine mais lorsque d'autres Fontenaisiens auront le droit, eux aussi, de bénéficier d'un centre-ville caractéristique, historique, diverse et à taille humaine).

Je propose donc d'entamer un travail comme celui-ci sur toute la ville ensemble avec les Comités d’Habitants pour dissiper les craintes et pour dessiner un avenir équilibré et confiant pour Fontenay-aux-Roses.


@Oosterenvan

Saturday, December 3, 2016

4 things International Organizations do which Facebook cannot do

I love to sing “Imagine” by John Lennon. It gives me goosebumps. But are we able to build a global community that is capable of sharing and solving global challenges in the real world? 

Let’s be realistic: global citizenship and solidarity doesn’t exist that much. This picture shows that comically and dramatically well:


Climate Change
This picture shows us making our boat sink by changing the climate and still acting as if the danger (the sinking) is only going to hit “them”, not us. We may understand that we’re all going to suffer, we just don’t feel it that way. That’s why the Paris Climate Agreement was not able to commit governments to cut co2-emissions enough to keep our global home from warming more than 2°C. We only agreed on good intentions that still add up to a staggering temperature increase of 2,7°C which is a recipe for, well, lots of bad, bad news. 

How come it is so difficult for the human population to build a global community?

I think because we are not global citizens but local citizens; at best we are “glocal” citizens. We may be able to think global, but we can’t be and feel global. If we were suddenly threatened by Martians we would probably feel global enough to put our money and armies together to do something, but for the moment we don’t.

Brexit
Our thoughts, our feelings and our intentions to do something are always rooted in a much smaller community that is not “the world” but a local community like our relationship, our family, our school, our city, our region or our country - no wider than that. That is how the Brexit could happen: the Brits didn’t feel European enough to justify the bill they had to pay to Brussels every month. Interestingly the opposite is true for the bill they have to pay to their own government: no matter how high it is, the Brits would still feel Brits! Apparently, the “global citizenship feeling” stops at national borders. 

Stretch our governments
Despite the fact that almost the whole world is now connected via the internet and social media the global population has not become a global community. Facebook is a very powerful tool to connect people, but not strong enough to build a real global community. Although we like to think of ourselves as globally connected people and communities, we are still organized as Nations with national governments, presidents and strategies we vote for, and with national budgets, national education systems and national armies. Psychologically speaking we are countries at the most, not members of humanity.

To stretch our local community to the global level we need to stretch our governments. Facebook can help here, but we really need International Intergovernmental Organizations like the United Nations to actually do this. 

Which 4 things can International Organizations do which Facebook cannot do to build a global community?

1/ Provide a room

Social media can connect, but they cannot make people care for each other as a community. Because to care, people need to meet physically. They need to be with each other and get used to each other as a person. They need to "sniff" each other.

Facebook cannot do that because you cannot meet in Facebook, even though it may feel like it. When you react to someone in a Facebook conversation you may think you are meeting someone, but in reality you are only reacting to an opinion and to a profile. To build a community you need a physical room where you can meet the person behind the opinion. Because with an opinion you can do nothing, but with a person you can.

2/ Convene people to the room

Providing a room is not enough. You need to bring people to the room. While Facebook only connects you to a virtual room, UN organizations provide real rooms and invite people to come to these rooms for meetings. For example UNESCO has many of rooms in the world: not only in its 52 Field Offices, but also the rooms they rent when they want to convene one of its many communities.

3/ Planning and coordination

If you bring people to a room and think they will automatically become a global community that produces global solutions, you are too optimistic. It takes coordination and a plan to turn a group of people into a focused community of interest. 

International Organizations provide these plans on a global level. A good example is the World Heritage Convention: it’s a recipe for the global community to preserve its common heritage. And it works: the Deputy-Major of Paris just decided to close the banks of the River Seine for cars to protect this UNESCO World Heritage that belongs to humanity (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1629807-pietonisation-des-berges-de-seine-pourquoi-il-est-indispensable-d-aller-au-bout-du-projet.html). This is a local sign of global solidarity.

4/ Make people accountable and follow-up

When I tell people about UNESCO’s plans, like its plans to promote the protection of documentary heritage, they say: yes, you had a nice meeting and then… what? It’s just words and vain promises they say, made by people who don’t need to make money in the real world.

That’s not quite true. International Organizations have a mechanism to turn words into reality: accountability and follow-up. They ask people (both governments and citizens) what they do concretely to implement their promises and what the results are. This is really key, and Facebook really doesn’t do this!

Example: PERSIST
Take the global problem of “digital unsustainability”. This is an unknown but very serious problem: what you write today can be no longer accessible tomorrow because software evolves all the time. 

We discussed this issue in a room in the Netherlands with representatives from many countries. There was a powerful momentum in the room to do something - pure people enthusiasm!- and we decided to create an initiative called PERSIST. “We’re gonna do this, its important!” we said. By the end of the meeting we said to each other: “We have Facebook and internet so we can continue to work on this via internet when we’re back home”. 

But back home we got absorbed by our day-to-day reality and obligations. PERSIST started losing its “We’re gonna do this!” momentum and became work on top of our regular job....

To overcome this you need accountability: someone who keeps the global conversation going to see if the community makes progress. Not just by ticking the boxes via e-mail (this done, this done) but also by talking. It’s hugely important to bring the community members together in live (skype) conversations because these conversations bring back that feeling of enthusiasm and fervor we had in the real room. 

These conversations also remind the virtual community of the real community behind it: real people doing real things together they really believe in. It energizes the community. International organizations provide that positive, catalyzing follow-up and accountability. In this video I explain this function and other functions of International Organizations: https://www.youtube.com/watch?v=fjqmDoSVLNM

Conclusion

Don’t think that Facebook is going to build a global community: Facebook connects opinions but doesn’t make people meet. International Organizations not only make people meet, but their strength is that they do this in the name of Nations. 

Like UNESCO's PERSIST programme, which is more than the activity of some individual experts. It is foremost the commitment of 195 governments to the following Recommendation about preserving documentary heritage: http://portal.unesco.org/en/ev.php-URL_ID=49358&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html. That involvement of the governments of the world actually creates the global solidarity that you can feel when you sing “Imagine” but that is still so difficult to implement in the real world.

@Oosterenvan 

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