Sunday, May 28, 2017

La place du Général de Gaulle : évitons le piège de l’utilité

La place du Général de Gaulle à Fontenay-aux-Roses, me disait quelqu'un, donne "un goût inachevé". Ça m’a fait réfléchir.

La place donne en effet l’impression d’inachevé, sans doute due aux écarts de niveaux, aux trous et au manque de cohérence du revêtement. Il suffit peut-être de réparer ces quelques problèmes pour mettre la place en valeur. Mais j’ai peur qu’on aille plus loin en voulant rendre la place plus utile. Cela pourrait "l'achever" au mauvais sens du terme.

La Grand Place au Plessis-Robinson
Prenez la "Grand Place" au Plessis-Robinson, que j’ai filmée ici : https://www.youtube.com/watch?v=N9t5wUTfdTY&feature=youtu.be. Cette place est à l’évidence totalement achevée. Plus rien n’y rentre. Mais à quel prix ?

Pour moi, on y est tombé dans le piège de ce que Nuccio Ordine appelle la "barbarie de l'utilité". C'est comme si en aménageant l'espace on s'est dit : "il faut que chaque mètre carré soit optimisé et ait une fonction spécifique très clairement indiquée". Le résultat: un espace à l'aspect "extrêmement utile" qui me fait penser à un bureau de poste avec des panneaux, des coins et des guichets pour faire ceci (se garer) ou cela (s'asseoir sur la terrasse). Mais en regardant la place elle me fatigue sur-le-champ, tellement ça grouille et ça sent l’utilité optimisée. 

Vers la fin de la vidéo vous voyez, en bas de l'écran, l'entrée du parking souterrain. Cette rampe parachève pour moi cette impression d'une "usine qui tourne" à littéralement tous les niveaux, à une cadence automobile impressionnante d'ailleurs. 

La place du Général de Gaulle à Fontenay-aux-Roses

La place du Général de Gaulle me fait l'effet contraire. Elle me repose instantanément. Pourquoi? 

Quelque chose qui ne me fatigue pas: vous montrer des photos reposantes de la place du Général de Gaulle...

D'abord détrompez-vous : ce n'est pas parce qu'elle est plus grande. Car on peut très bien aménager un tout petit espace de façon à lui donner un caractère reposant. Comme la place Eugène Dumur à Châtillon, qui est aussi entourée de magasins et de restaurants :

 
La place Eugène Dumur à Chatîllon.

Cette placette est agréable car elle est piétonne, mais aussi car elle a ce qu’il faut d’inutile pour s’y sentir bien. Il y reste encore un peu de cette richesse de plus en plus rare dans nos villes : de l’espace et du volume perdus. Il y a des arbres par exemple : sur un arbre on ne peut pas marcher, pas s’asseoir et pas se garer. Il y a aussi une fontaine : un objet inutile qui occupe pourtant une place démesurée sur la place Eugène Dumur. Pourquoi? Car cet objet est apaisant.

Il faut de l'inutile

Je pense que la même analyse s'applique à la place du Général de Gaulle à Fontenay-aux-Roses. Elle est si agréable justement car il y a de l'espace inutile, inexploité, inoccupé par une voiture ou par un aménagement urbain particulier, sans panneau, sans banc. Je m’y sens bien justement grâce à ces dizaines de mètres carrés où on peut se perdre un peu sous les arbres pour….. se retrouver.

Ce sont ces espaces inutiles dont on a besoin pour survivre dans un milieu de plus en plus dense et utile. Car ils nous aident "à évader de la prison, à éviter l'asphyxie, à transformer une vie plate ou une non-vie en une vie fluide et dynamique, mue par la curiositas pour les choses de l'esprit et pour l'humaine condition" (L'Utilité de l'Inutile, Nuccio Ordine, p. XXII). C'est cette curiosité justement qui est tuée en une fraction de seconde lorsque je regarde la Grand Place au Plessis-Robinson. Sa parfaite utilité tue instantanément ma curiosité à coups de poteaux, de places de parking, de rebords, d'objets, de rampe de parking, de grandes façades uniformes et de mètres carrés ultra-réfléchis et optimisés.

Regardez de nouveau la vidéo pour observer, à la 28ième seconde, le Monsieur qui vient de traverser la route et qui doit presque faire le funambule sur le rebord d’un trottoir de quelques centimètres de large à peine pour rejoindre la terrasse. C’est affligeant de voir cela : l’espace tampon pour se sentir à l’aise sur la terrasse y est totalement sacrifié pour une histoire de rentabilité. Ça me rappelle cette phrase de Théophile Gautier: "L'endroit le plus utile d'une maison, ce sont les latrines".

Ceci n'est pas une croisade contre M. Pemezec ou M. Vastel

Je ne dénigre nullement la commune du Plessis-Robinson, qui regorge au contraire d’atouts : des trottoirs et une chaussée de qualité, de belles rues avec des petits pavillons anciens bien entretenus, des petits centres visibles et reliés par un système de passerelles, etc. 

Une petite place style "esprit village" très agréable au Plessis-Robinson

Ma démarche consiste seulement à pointer le risque d’une possible dérive utilitaire et densificatrice: une dérive qui est à mon avis à éviter absolument à Fontenay-aux-Roses si nous voulons y préserver l’esprit village. 

Cela exige de nous deux choses :
  1. considérer l’espace comme un luxe à préserver et non pas comme quelque chose à remplir automatiquement à bloc pour le « rendre utile » ; et
  2. apporter de l’originalité.

Etre dans l'opposition est facile: il suffit de dire "non"

J'ai aucun doute sur le fait que les Fontenaisiens sont tous d’accord sur ces deux points. Mais je constate aussi que souvent le débat s’arrête là. On s'enferme souvent dans l'opposition en disant "non" quand on vous propose quelque chose comme ceci:


Le projet qui verra le jour au carrefour de la Cavée à Fontenay-aux-Roses

Mais on ne montre pas ce qu'on veut à la place. 

Attention: je ne veux pas critiquer ici le manque de consultation publique sur le devenir de la place du Général de Gaulle, mais seulement préparer une réunion citoyenne. Très concrètement, je vous mets au défi:
  1. de montrer des images d’immeubles ou de constructions originales que vous verrez bien achever la place du Général de Gaulle sans "l'achever", et
  2. de les apporter ensuite à la réunion que CIVIFAR organise le 19 juin à 20h30 dans la Salle du Château Sainte-Barbe. 
Car dire "non" est une chose très facile, alors que montrer ce que qui serait mieux est un geste hautement plus difficile, noble, citoyen et surtout utile pour notre ville. 

Au plaisir de vous rencontrer le 19 juin!

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A lire aussi: http://oosterenvan.blogspot.fr/2017/05/urbanisme-faut-il-suivre-lexemple-du.html


Friday, May 26, 2017

Faut-il suivre l'exemple du Plessis-Robinson?

On me cite souvent le Plessis-Robinson comme exemple d'urbanisme. Ma ville Fontenay-aux-Roses doit-elle suivre cet exemple?

Pour me faire une opinion, j'ai fait une virée au Plessis. J'ai tout de suite compris pourquoi beaucoup de personnes l'adorent: tout y est impeccable. Comme un appartement qui vient d'être refait entièrement à neuf. C'est impressionnant.

Le stationnement et les trottoirs
Au Plessis, les trottoirs sont sont incroyablement bien organisés et entretenus. Grâce à un dispositif de potelets cohérent il y est quasiment impossible de mal se garer. Le résultat se fait sentir immédiatement: tant le piéton que le cycliste se sent en sécurité et bénéficie d'une grande visibilité:

Les rues au Plessis sont très bien organisées et entretenues, ce qui favorise notamment les déplacements à pied.

En revanche dès qu'on entre Fontenay-aux-Roses (FAR), comme ici dans la rue Maurice Philippot, on voit que le cycliste et le piéton n'y ont pas la même place qu'au Plessis:


Le stationnement et la visibilité y sont "bordéliques", et aucun marquage au sol n'est présent pour améliorer cette situation. La conséquence est un sentiment d'insécurité: le cycliste a l'impression qu'il peut se prendre une portière à tout instant. Ou bien il se sent obligé de se mettre en danger lui-même en s'éloignant des voitures garées justement. C'est un peu "la jungle":



Le centre-ville
Ce qui me frappe dans le centre-ville du Plessis, c'est que les immeubles y sont beaucoup plus hauts, récents et uniformes qu'à FAR:


La "Grand Place" en centre-ville du Plessis est très propre, mais aussi uniforme, bruyante et peu charmante à mes yeux:


Je préfère de loin la place du Général de Gaulle à FAR avec ses constructions anciennes, basses et très différentes les unes des autres. On se réclame partout du fameux "esprit village", mais sur la place du Général de Gaulle on le retrouve vraiment: 


Il y a beaucoup de verdure au Plessis. Mais elle se trouve surtout dans de beaux parcs de qualité, moins dans la partie urbanisée du centre-ville:


Alors que la place du Général de Gaulle à FAR.....


Pour vous montrer que je n'ai pas mal choisi mon angle de vue, j'ai filmé les deux places pour que vous puissiez en juger vous-même:

La Grand Place au Plessis: https://youtu.be/N9t5wUTfdTY

La place du Général de Gaulle à FAR: https://youtu.be/fRN2EpJVKGo

Personnellement je trouve la place du Général de Gaulle plus agréable car elle est:
  • plus verte (la Grand Place est trop minérale à mon goût)
  • moins bruyante (à part les scooters non électriques au potentiel de nuisance extraordinaire dont la légalité continue de m'interpeller)
  • plus spacieuse (on y respire et on y a encore le luxe de s'y aventurer, alors que la Grand Place au Plessis a une allure plus "optimisée" et "rangée" où j'ai l'impression de devoir tout de suite "me caser"). 

Conclusion
Pour moi le Plessis est un exemple à suivre oui et non.

Oui le Plessis est un exemple à suivre:
Les aménagements pour respecter le piéton sont a copier tout de suite à FAR. Car à FAR il est souvent impossible de se promener confortablement, sans ou avec une poussette d'ailleurs:


Ou en fauteuil roulant:


Non le Plessis n'est pas un exemple à suivre
On trouve de très belles rues avec des petits pavillons anciens dans les deux villes. Mais quand on observe le développement urbain récent au Plessis, je ne suis pas enchanté. Je vois un décor très dense, haut et surtout très uniforme sans originalité qui ne me donne pas envie de m'y promener. J'ai eu l'impression de me promener dans un "projet de promoteur" artificiel et sans surprise, comme on en trouve partout. Un décor standard en somme, que le visiteur semble avoir compris du premier coup d’œil.

On le dit aussi souvent, mais je trouve que c'est vrai: le Plessis nouveau a un côté "Disney" :




A FAR on risque de suivre cette même tendance, regardez par exemple le projet prévu pour la Cavée:


En conclusion, je propose que FAR tire les leçons suivantes du Plessis:

  • Favorisons les déplacements piétons et cyclistes en leur donnant une place protégée et de qualité sur la chaussée
  • Préservons les constructions anciennes et la diversité architecturale de Fontenay-aux-Roses en évitant la densification à la Disney. 

Et si la place du Général de Gaulle devenait REELLEMENT une Zone de Rencontre?

Je voudrais remercier Séverine Grastilleur pour avoir pointé le danger auquel s’expose le piéton sur la place du Général de Gaulle à Fontenay-aux-Roses :


En effet le piéton doit s’y frayer un chemin à travers les voitures garées et ensuite tenter la traversée à ses risques et périls. Avant chaque traversée, il espère que la voiture qui arrive l’a bien vu. Ce n'est pas très apaisant. Et pour un enfant c’est loin d’être évident…

Je comprends la tentation de dessiner des passages piétons pour remédier à ce problème d'insécurité. Mais je pense que cette suggestion prend le problème à l’envers.

Je m’explique.

Qu’est-ce qu’une Zone de Rencontre ?
Il est utile de rappeler la place du Général de Gaulle dans son ensemble est une Zone de Rencontre indiquée par des panneaux :



Selon le Code de la Route cela signifie que le piéton y a la priorité absolue et partout sur les voitures. On quitte donc l’idée d’enfermer chaque utilisateur dans sa petite zone réservée (passage piéton, route pour voiture). On ouvre au contraire un grand espace où la voiture et le piéton se croisent partout en harmonie. C’est pour cela que la vitesse maximale y est réduite à 20 km/h, qui permet la convivialité, la civilité et la courtoisie.

En gros, la place du Général de Gaulle est une sorte d’énorme passage piéton où les voitures peuvent passer après avoir laissé passer le piéton !

Pourquoi ne pas tracer des passages piétons ?
Je pense qu’en traçant des passages piétons dans ce « grand passage piéton » on supprime la zone de rencontre. Au lieu d’apaiser la circulation en favorisant la rencontre, on dit aux automobilistes : « seulement ici sur ce passage piéton vous devez faire attention aux piétons, mais le reste de la route vous appartient et vous y avez la priorité ». Résultat : l’automobiliste n’est plus incité à faire attention partout comme dans une véritable Zone de Rencontre.

Comment sécuriser le piéton alors ?
Pour assurer la sécurité du piéton dans la Zone de Rencontre je pense qu’il faut aller au bout du concept de Zone de Rencontre. Cela signifie qu’il ne faut pas canaliser et limiter la rencontre mais au contraire la favoriser.

Cela peut se faire :

·         en créant de la visibilité : amener les automobilistes à se garer sous le parking du marché qui est quasi vide 93% du temps (13 demi-journées sur 14).
·         En créant une chaussée uniforme qui matérialise la rencontre plutôt que de l’éviter en créant des couloirs d’accélération comme sur la place de l’Eglise (lisez : http://oosterenvan.blogspot.fr/2017/04/la-place-de-leglise-reamenagee-quelles.html).
·         En matérialisant la rencontre dès l’entrée de la place du Général de Gaulle. Par exemple en faisant monter l’automobiliste sur un plateau uniforme pour lui faire sentir qu’il n’est plus dans « son couloir à lui », mais qu’il pénètre sur une place partagée.... de rencontre.

Je comprends que cette solution puisse paraître idéaliste et utopique. Pourtant elle est appliquée partout en France avec succès, même dans des grandes villes comme Lille :



Et si on ne veut pas l’appliquer car elle est utopiste, pourquoi alors avoir mis des panneaux Zone de Rencontre partout sur la place du Général de Gaulle ?

La place du Général de Gaulle changera bientôt de visage. Méditons donc sérieusement sur ces observations, pour un centre-ville plus apaisé, plus agréable, plus attractive pour tous. 

Dimanche 4 juin : participez à la Convergence Francilienne à vélo !

Vous n’auriez peut-être jamais pensé à participer à un évènement cycliste.

Eh bien, pourquoi pas cette année ?

Car le vélo est un moyen ludique, convivial, bon marché et écologique pour rendre notre ville et la circulation plus apaisées, plus…. sympa. Le vélo ne vous enferme pas (comme la voiture) mais au contraire facilite la rencontre avec d'autres Fontenaisiens. En plus, la pratique du vélo est bon pour le portefeuille, pour le moral et pour la santé !

Si ça vous tente, FARàVélo, le collectif cycliste de Fontenay-aux-Roses, vous invite à dépoussiérer votre vélo, à apporter un sandwich et à participer à la Convergence Francilienne :


Départ le dimanche 4 juin à 10h45 devant la Médiathèque
La Mairie vous offre un T-shirt avec le logo de la ville


Mais c’est quoi la Convergence Francilienne au juste ? 

  • 3000 cyclistes d’Île-de-France, enfants et adultes, vont littéralement "converger" à Paris
  • Il y a quatre branches colorées (rouge, orange, verte, mauve)
  • Fontenay-aux-Roses est sur la branche rouge, donc portez du rouge
  • On converge d'abord à la Bastille
  • Lorsque tout le monde est là, on fera une grande parade festive jusqu’aux Invalides
  • On termine sur un pique-nique géant sur les pelouses !
  • Après, vous êtes libres; vous pouvez rentrer à FAR en mettant votre vélo gratuitement dans le RER.

Les quatre branches colorées. La nôtre - la rouge - est traditionnellement la plus grande


Voilà à quoi on ressemblera. Ballons rouges seront fournis aussi!


Pour en savoir plus sur FARàVélo :



Friday, April 21, 2017

Les Double Sens Cyclables à Fontenay-aux-Roses

Certaines rues en sens unique à Fontenay-aux-Roses sont considérées trop étroites pour réaliser un double sens cyclable. Ci-dessous trois exemples connus :

1/ Rue André Neyt
Mise en Double Sens Cyclable par la municipalité précédente.
Largeur minimale disponible (sans compter les voitures garées) : 3.10 m.

L'entrée est plus large, mais ensuite la rue devient plus étroite.

2/ Rue Robert Marchand
Mise en Double Sens Cyclable par la municipalité précédente, supprimée ensuite par la municipalité actuelle.
Largeur minimale disponible : 2.85 m.

La rue Robert Marchand est très pratique pour aller du centre à la Gare RER (comme mon vélo sur la photo). 


3/ Rue Jean Lavaud
Pas de Double Sens Cyclable.
Largeur : 3.20m

La rue Jean Lavaud offre une visibilité parfaite.


Effet optique
Il est surprenant que la rue la plus large (Jean Lavaud) n’ait pas été mise en Double Sens Cyclable alors que les deux autres, plus étroites, le sont. C’est probablement dû une illusion optique : la rue est perçue plus étroite et dangereuse car il "manque" la série de voitures garées qui rendent la rue plus large visuellement. En d'autre termes on croit la voiture et le vélo plus à l'étroit alors qu'ils ont objectivement plus d’espace (25 cm. de plus). En plus ils sont plus visibles l'un pour l'autre grâce à l’absence de voitures garées.

Conclusion
Comment juger si une rue est oui ou non trop étroite pour un Double Sens Cyclable ? Je pense que cela dépend du point de départ.

Si le point de départ du cycliste et de l’automobiliste est : « je dois pouvoir rouler dans cette rue partout comme si j’y roulais seul et à la vitesse maximale », la réponse est non.

Si le point de départ du cycliste et de l’automobiliste est : « si nous faisons tous les deux attention et descendons un peu en-dessous de la limite de vitesse de 30 km/h, bref si nous nous respectons, c’est tout à fait possible de se croiser convenablement ».

Développons cette culture du respect et ce bel art de vivre ensemble à Fontenay-aux-Roses.

#FARàVélo








Comment impliquer davantage les Fontenaisiens? Exprimez-vous!

Une ville vivante est une ville où les habitants s'impliquent. C’est une ville où les décisions ne surprennent jamais les habitants car elles sont le produit d’un échange avec eux : ils y ont participé.

A Fontenay-aux-Roses, dans chacun des cinq quartiers, un « Comité d’Habitants » composé de 20 Fontenaisiens a été mis en place pour contribuer à faire vivre l'échange entre citoyens et Mairie. Avant de mettre en œuvre un projet, la Mairie leur demande ce qu’ils en pensent. Le principe est très simple : pour faire de bons projets, mieux vaut consulter ses futurs utilisateurs avant. En relation avec vous, les Comités peuvent aussi prendre l’initiative de propositions à la Mairie.

Pour rendre cet échange entre Mairie et Fontenaisiens plus productif, le Maire a demandé à un groupe de réflexion de lui faire des recommandations. Ses 10 membres, tous issus des 5 Comités d’Habitants, travaillent par exemple sur les questions suivantes :

Comment avoir une meilleure interaction entre les Comités et les Fontenaisiens ?
Comment améliorer la façon dont les Comités – et les habitants qu’ils représentent – sont impliqués dans les projets de la Mairie (élaboration et suivi) ?

De gauche à droite: Jean-Max Drouot, Jean-François Bresse, Sylvie Lours, Anne Monciero, Alain Delahaye, Stein van Oosteren, Béatrice Biocco, Iris Chanaud, Christine Ziegler. Il manque Antoine Thill.

Le groupe, qui a rédigé le présent message, s'est déjà réuni à cinq reprises. Il a également organisé des visites dans les communes voisines pour apprendre de leurs expériences : comment impliquent-elles leurs habitants et qu’est-ce qui fonctionne bien ou mal ?

Un groupe qui souhaite améliorer la façon dont les habitants sont impliqués, doit évidemment impliquer les habitants. Ce message s’adresse donc à vous, Fontenaisiens :

QUELLES PROPOSITIONS POUVEZ-VOUS NOUS APPORTER POUR QUE VOUS VOUS SENTIEZ MIEUX IMPLIQUÉS DANS LA GESTION DE VOTRE VILLE VIA VOS COMITÉS D’HABITANTS ?

Vous pouvez adresser vos idées et observations à l’adresse mail democratieparticipativefar@orange.fr, afin qu'elles puissent enrichir le rapport final qui sera adressé à M. le Maire fin mai.

Le groupe vous remercie et vous tiendra au courant.

Sunday, April 16, 2017

La place de l’Eglise réaménagée : quelles leçons pour la place du Général de Gaulle ?

Notre ville Fontenay-aux-Roses vient de réaménager sa place de l’Eglise. Bientôt ce sera au tour de la place du Général de Gaulle, quelques mètres plus loin. Il y a forcément des leçons à tirer du premier réaménagement pour mieux préparer le deuxième. C’est ce que notre groupe de travail a fait en faisant le bilan ci-dessous sur l'aménagement de la place de l’Eglise.

Ce bilan n’est pas destiné à polémiquer mais à profiter des « erreurs » faites en aménageant la place de l’Eglise. Des erreurs on en fait forcément : la perfection n’existe pas et le mieux sera toujours l’ennemi du bien.

Les goûts ne se discutent pas…
Premier constat : les avis divergent fortement. L’un trouve la place glissante, l’autre dit qu’elle ne glisse pas. L’un la trouve jolie, l’autre la trouve moche. L’un est perturbé par l’absence de code couleurs (où faut-il marcher ?), l’autre trouve au contraire cette surface unicolore très agréable et propice à la rencontre.

Pour tirer des leçons, il faut donc être plus précis et aller dans le détail.

Des arbres s’il vous plaît !
Un détail a choqué tout le monde : l’absence de végétal. Il est vrai que depuis quelque temps l'aspect minéral a été atténué par 6 gros pots contenant des plantes. Mais ce qui manque cruellement ce sont des arbres.

D'abord parce que les arbres apportent de l’ombre et surtout ils ont, par leur présence végétale, un effet apaisant indéniable sur notre organisme. Cet effet apaisant est prouvé scientifiquement : dans des quartiers sans arbres, les gens sont davantage malades.

Ensuite, les arbres apportent un peu d’intimité. Car sur la place telle qu’elle a été aménagée, on se sent trop exposé. « Ce n’est pas le premier endroit où je vais m’asseoir pour lire mon journal tranquillement. Mieux vaut aller sur la place du Général de Gaulle pour ça ».

La différence entre ces places - 4 arbres - est évidente et énorme en termes de bien-être. 

Les bancs
Point important et positif : les bancs, avec dossier, sont confortables. Mais leur configuration est un peu austère. Comme si on attendait un train sur le quai du RER. Pour la place du Général de Gaulle on pourrait imaginer des bancs un peu plus « fun » et originaux. 

Le revêtement
On apprécie la couleur jaune (« ton pierre ») du revêtement, qui crée une place lumineuse. En revanche les trottoirs en bitume noir, à l’aspect bon marché et peu esthétique, jurent très fort avec la surface de qualité devant l’église. Ces trottoirs seront aussi très chauds en été. 

Le bitume noir choque. Il donne l'impression d'un aménagement temporaire, en attendant que les autres pierres jaunes arrivent.

Le stationnement
Le vélo peut se garer sans problème grâce aux arceaux. Pour les voitures il y a les places minute et les places en zone bleue, dont le marquage bleu manque encore. Souci : certains automobilistes se garent sur le terre-plein, ce qui rend la circulation dangereuse. Une bonne leçon donc pour la place du Général de Gaulle: repérer ce type de zones propices au stationnement sauvage en amont. Cela permet d'imaginer déjà une solution esthétique (bacs à fleurs par exemple).

Le terre-plein, utilisé parfois comme place de stationnement, pourrait accueillir des bacs à fleurs pour végétaliser le lieu.

La circulation
Pour créer une place du Général de Gaulle plus ouverte et avec plus d’allure, il est prévu d’intégrer le parvis de la Mairie dans la place des Marronniers. Une telle « grande place du Général de Gaulle » sera plus esthétique que le « bric-à-brac » actuel : un parking devant la Mairie enclavé par un muret pas très joli, caché derrière une file de voitures garées, devant une rue qui tranche avec une autre place, celle des Marronniers.

En vue de notre future « grande place du Général de Gaulle », regardons attentivement comment l’architecte a tenté de créer une « grande place de l’Eglise ». Il a voulu intégrer la rue dans la place en utilisant un revêtement homogène :

L'image est un peu déformée, mais elle montre l'agrandissement visuel de la place de l'Eglise.

Le résultat est effectivement une grande surface d’une couleur plus ou moins homogène. Mais l’intégration n’est pas totalement réussie pour au moins deux raisons.

Premièrement, le piéton est confronté à une véritable forêt de potelets. Visuellement on se demande : « où doit-on traverser ? ». Pour la place du Général de Gaulle on pourrait éviter cette forêt en la remplaçant par des bornes en pierre plus basses et plus esthétiques. Ces bornes empêchent le stationnement sauvage tout aussi bien que les potelets.

Deuxièmement, l’automobiliste ne voit pas qu’il approche une « grande place de l’Eglise » où il y a aussi des piétons et où il faut donc ralentir. Il a au contraire l’impression de se trouver dans un couloir protégé où il peut accélérer pour passer au feu juste après:

Dans son tunnel l'automobiliste est encouragé à appuyer sur l'accélérateur.

Cet effet de « tunnel » est renforcé par une différence de niveau : la chaussée est littéralement creusée à travers la place:

La différence de niveau est petite, mais suffisante pour renforcer l'impression d'être dans une voie protégée qui invite à l'accélération .

A cet effet accélérateur s’ajoute une autre mesure étonnante : les ralentisseurs ont été supprimés. Bref, la place de l’Eglise n’est pas vraiment une grande place intégrée et apaisée qui encourage la rencontre.

Ce manque d'intégration doit être évité sur la future place du Général de Gaulle qui, quant à elle, est une vraie « zone de rencontre » au sens du Code de la Route :

Voici le panneau devant la Mairie que très peu d'automobilistent remarquent (et respectent).

Peu le savent, mais une zone de rencontre est censée être un lieu uniforme où voitures et piétons se rencontrent de façon apaisée. En d'autres termes: pas une route qui coupe une place ! Evidemment, cette rencontre ne peut se pratiquer qu’à condition que tous les utilisateurs fassent attention : c’est pourquoi la vitesse y est limitée à 20 km/h. Le piéton y a la priorité absolue, même au milieu de la chaussée. Les cyclistes peuvent y circuler dans les deux sens. 

Leçons à tirer
A recommander pour la nouvelle place du Général de Gaulle :
  • Préserver un nombre important d’arbres (ce qui correspond à la volonté de la Mairie) ;
  • Eviter un revêtement noir d’un aspect peu qualitatif ;
  • Choisir des bancs confortables, si possible originaux et disposés d’une façon pas trop « austère » ;
  • Repérer les zones propices au stationnement sauvage pour imaginer des solutions esthétiques;
  • Le groupe préconise une place totalement piétonne, donc sans voitures roulantes ou garées. Non pas par idéologie « anti-voiture » mais pour préserver au moins un tout petit bout de notre centre-ville de la pénétration automobile. Le quotidien de l’automobiliste ne changera pas dramatiquement : au lieu de se garer devant le Café du Marché, il pourra se garer 50 m. plus loin dans le parking sous le marché quasi-vide la plupart du temps;
  • Eviter l’effet de « tunnel automobile » observé sur la place de l’Eglise. Plusieurs mesures permettront de créer une véritable zone de rencontre apaisée. Je n’en nommerai qu’une ici, qui me semble la plus importante et efficace : en approchant la place, la voiture doit monter sur un plateau pour prendre conscience qu’il n’est pas dans « son tunnel » mais qu’il pénètre dans un espace partagé avec d’autres utilisateurs. 

Conclusion
Notre groupe va bientôt travailler avec la Mairie sur les premières propositions pour la place du Général de Gaulle, actuellement en cours de préparation par un bureau d’étude. Je vous encourage à nous envoyer vos conseils et observations par mail (steinvanoosteren@hotmail.com) pour que notre groupe puisse les prendre en compte dans le cadre de ce dialogue.