Sunday, April 16, 2017

La place de l’Eglise réaménagée : quelles leçons pour la place du Général de Gaulle ?

Notre ville Fontenay-aux-Roses vient de réaménager sa place de l’Eglise. Bientôt ce sera au tour de la place du Général de Gaulle, quelques mètres plus loin. Il y a forcément des leçons à tirer du premier réaménagement pour mieux préparer le deuxième. C’est ce que notre groupe de travail a fait en faisant le bilan ci-dessous sur l'aménagement de la place de l’Eglise.

Ce bilan n’est pas destiné à polémiquer mais à profiter des « erreurs » faites en aménageant la place de l’Eglise. Des erreurs on en fait forcément : la perfection n’existe pas et le mieux sera toujours l’ennemi du bien.

Les goûts ne se discutent pas…
Premier constat : les avis divergent fortement. L’un trouve la place glissante, l’autre dit qu’elle ne glisse pas. L’un la trouve jolie, l’autre la trouve moche. L’un est perturbé par l’absence de code couleurs (où faut-il marcher ?), l’autre trouve au contraire cette surface unicolore très agréable et propice à la rencontre.

Pour tirer des leçons, il faut donc être plus précis et aller dans le détail.

Des arbres s’il vous plaît !
Un détail a choqué tout le monde : l’absence de végétal. Il est vrai que depuis quelque temps l'aspect minéral a été atténué par 6 gros pots contenant des plantes. Mais ce qui manque cruellement ce sont des arbres.

D'abord parce que les arbres apportent de l’ombre et surtout ils ont, par leur présence végétale, un effet apaisant indéniable sur notre organisme. Cet effet apaisant est prouvé scientifiquement : dans des quartiers sans arbres, les gens sont davantage malades.

Ensuite, les arbres apportent un peu d’intimité. Car sur la place telle qu’elle a été aménagée, on se sent trop exposé. « Ce n’est pas le premier endroit où je vais m’asseoir pour lire mon journal tranquillement. Mieux vaut aller sur la place du Général de Gaulle pour ça ».

La différence entre ces places - 4 arbres - est évidente et énorme en termes de bien-être. 

Les bancs
Point important et positif : les bancs, avec dossier, sont confortables. Mais leur configuration est un peu austère. Comme si on attendait un train sur le quai du RER. Pour la place du Général de Gaulle on pourrait imaginer des bancs un peu plus « fun » et originaux. 

Le revêtement
On apprécie la couleur jaune (« ton pierre ») du revêtement, qui crée une place lumineuse. En revanche les trottoirs en bitume noir, à l’aspect bon marché et peu esthétique, jurent très fort avec la surface de qualité devant l’église. Ces trottoirs seront aussi très chauds en été. 

Le bitume noir choque. Il donne l'impression d'un aménagement temporaire, en attendant que les autres pierres jaunes arrivent.

Le stationnement
Le vélo peut se garer sans problème grâce aux arceaux. Pour les voitures il y a les places minute et les places en zone bleue, dont le marquage bleu manque encore. Souci : certains automobilistes se garent sur le terre-plein, ce qui rend la circulation dangereuse. Une bonne leçon donc pour la place du Général de Gaulle: repérer ce type de zones propices au stationnement sauvage en amont. Cela permet d'imaginer déjà une solution esthétique (bacs à fleurs par exemple).

Le terre-plein, utilisé parfois comme place de stationnement, pourrait accueillir des bacs à fleurs pour végétaliser le lieu.

La circulation
Pour créer une place du Général de Gaulle plus ouverte et avec plus d’allure, il est prévu d’intégrer le parvis de la Mairie dans la place des Marronniers. Une telle « grande place du Général de Gaulle » sera plus esthétique que le « bric-à-brac » actuel : un parking devant la Mairie enclavé par un muret pas très joli, caché derrière une file de voitures garées, devant une rue qui tranche avec une autre place, celle des Marronniers.

En vue de notre future « grande place du Général de Gaulle », regardons attentivement comment l’architecte a tenté de créer une « grande place de l’Eglise ». Il a voulu intégrer la rue dans la place en utilisant un revêtement homogène :

L'image est un peu déformée, mais elle montre l'agrandissement visuel de la place de l'Eglise.

Le résultat est effectivement une grande surface d’une couleur plus ou moins homogène. Mais l’intégration n’est pas totalement réussie pour au moins deux raisons.

Premièrement, le piéton est confronté à une véritable forêt de potelets. Visuellement on se demande : « où doit-on traverser ? ». Pour la place du Général de Gaulle on pourrait éviter cette forêt en la remplaçant par des bornes en pierre plus basses et plus esthétiques. Ces bornes empêchent le stationnement sauvage tout aussi bien que les potelets.

Deuxièmement, l’automobiliste ne voit pas qu’il approche une « grande place de l’Eglise » où il y a aussi des piétons et où il faut donc ralentir. Il a au contraire l’impression de se trouver dans un couloir protégé où il peut accélérer pour passer au feu juste après:

Dans son tunnel l'automobiliste est encouragé à appuyer sur l'accélérateur.

Cet effet de « tunnel » est renforcé par une différence de niveau : la chaussée est littéralement creusée à travers la place:

La différence de niveau est petite, mais suffisante pour renforcer l'impression d'être dans une voie protégée qui invite à l'accélération .

A cet effet accélérateur s’ajoute une autre mesure étonnante : les ralentisseurs ont été supprimés. Bref, la place de l’Eglise n’est pas vraiment une grande place intégrée et apaisée qui encourage la rencontre.

Ce manque d'intégration doit être évité sur la future place du Général de Gaulle qui, quant à elle, est une vraie « zone de rencontre » au sens du Code de la Route :

Voici le panneau devant la Mairie que très peu d'automobilistent remarquent (et respectent).

Peu le savent, mais une zone de rencontre est censée être un lieu uniforme où voitures et piétons se rencontrent de façon apaisée. En d'autres termes: pas une route qui coupe une place ! Evidemment, cette rencontre ne peut se pratiquer qu’à condition que tous les utilisateurs fassent attention : c’est pourquoi la vitesse y est limitée à 20 km/h. Le piéton y a la priorité absolue, même au milieu de la chaussée. Les cyclistes peuvent y circuler dans les deux sens. 

Leçons à tirer
A recommander pour la nouvelle place du Général de Gaulle :
  • Préserver un nombre important d’arbres (ce qui correspond à la volonté de la Mairie) ;
  • Eviter un revêtement noir d’un aspect peu qualitatif ;
  • Choisir des bancs confortables, si possible originaux et disposés d’une façon pas trop « austère » ;
  • Repérer les zones propices au stationnement sauvage pour imaginer des solutions esthétiques;
  • Le groupe préconise une place totalement piétonne, donc sans voitures roulantes ou garées. Non pas par idéologie « anti-voiture » mais pour préserver au moins un tout petit bout de notre centre-ville de la pénétration automobile. Le quotidien de l’automobiliste ne changera pas dramatiquement : au lieu de se garer devant le Café du Marché, il pourra se garer 50 m. plus loin dans le parking sous le marché quasi-vide la plupart du temps;
  • Eviter l’effet de « tunnel automobile » observé sur la place de l’Eglise. Plusieurs mesures permettront de créer une véritable zone de rencontre apaisée. Je n’en nommerai qu’une ici, qui me semble la plus importante et efficace : en approchant la place, la voiture doit monter sur un plateau pour prendre conscience qu’il n’est pas dans « son tunnel » mais qu’il pénètre dans un espace partagé avec d’autres utilisateurs. 

Conclusion
Notre groupe va bientôt travailler avec la Mairie sur les premières propositions pour la place du Général de Gaulle, actuellement en cours de préparation par un bureau d’étude. Je vous encourage à nous envoyer vos conseils et observations par mail (steinvanoosteren@hotmail.com) pour que notre groupe puisse les prendre en compte dans le cadre de ce dialogue.

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